Chez nous

Marie Benassayag défend cette solution depuis plusieurs années, et la société concessionnaire autoroutière lui a déjà répondu : “Escota plaidait la perte d’un chiffre d’affaire et demandait aux collectivités de financer”, se souvient l’élue.

Et ailleurs ?

Marie Benassayag évoque l’autoroute A1. La modulation des tarifs ne s’effectue que sur 3 sorties, dans le sens Lille-Paris, les dimanches et jours fériés. Les automobilistes qui circulent entre 16 h 30 et 20 h 30 se voient appliquer une surtaxe de 25% dénommée «tarif rouge», tandis qu'entre 14 h30 et 16 h 30 le tarif dit «vert» aboutit à une réduction de 25% du prix du péage. Ce dispositif a été mis en place le 25 avril 1992, en raison de l’augmentation du trafic lié à l'ouverture du parc Astérix.
20 ans plus tard, des analyses ont démontré que la modulation remplissait "plutôt bien" ses objectifs, la croissance des trafics en période rouge étant plus faible entre 2008 et 2011 que celles des deux autres périodes, normale et verte. Les flux sont aussi mieux distribués. Mais certains élus de l'Oise, département au nord de Paris, ont pointé du doigt des dégats collatéraux: "Pour éviter la surtaxe, certains automobilistes adoptent des comportements potentiellement dangereux": demi tour sur route départementale pour raccourcir le tronçon "payant", attente sur la bande d'arrêt d'urgence en amont du péage jusqu'à 20h30 ou encore report de la circulation sur le réseau secondaire. En 2012, le Ministre des Transports avait été interpellé au Sénat sur ces difficultés. Il avait alors répondu que les "éléments de trafic disponibles n'en démontraient pas l'ampleur".